26.8.08

Pâté de crampons



Automne 2007 : les soirs de match, tous les sports pubs débordent de supporters anglais, français, écossais, ... et de Belges, juste là pour leur équipe favorite. C'est la première fois que je vais dans un bar pour suivre une épreuve sportive avec des potes ; je me dis qu'il y a là quelque chose de foncièrement hétéro-beauf, mais bon, je ne peux pas passer mon temps à dire que je suis resté très plouc et à jouer le snobinard trop bien pour toi tu vois.

Donc - on boit comme des trous, et vas-y que j'te paye une tournée, puis encore une, ooooh voilà des cacahouètes, qui c'est qu'en veut? On essaye de suivre l'action, c'est pas toujours très facile, parce que c'est quand même pas le sport le plus lisible à la télé, on s'excite à chaque attaque, on hurle à chaque combat, on râle à chaque échec, et à la fin on est meilleurs amis du monde avec tous ceux qui traînent dans ce café.

À force de boire comme ça (les Guinness servies à la pinte, j'aime beaucoup), je dois souvent descendre pisser. Le mec à côté de moi est du genre joli, et il mate sérieux et c'est cool mais ça m'étonne un peu ; en même temps, j'adore ça. Sauf que c'est pas pour ça qu'il mate :

- Hé, salut, t'es méchamment basé toi, tu joues dans quelle équipe ? Je t'ai jamais vu je crois !
- Euh non, j'ai jamais joué, en fait.
- Avec une carrure comme ça ? Tu délires ?
- Non … j'veux dire, c'est violent comme sport, j'ai pas envie d'avoir le nez pété ou j'sais pas quoi …
- Arrête – toi sur un terrain, c'est pas ton nez qui va être pété … Moi c'est Adrien !
- Ah salut Adrien. Moi c'est Jean-Yves.
- Bon, faut que tu viennes jouer chez nous, c'est vraiment cool, on a besoin de gros.
- J'comptais faire régime …
- Hahaha ! Un « gros » au rugby, c'est pas parce que le mec est gros, c'est comme ça qu'on appelle les avants.
- Ah. Tu joues où alors ?
- Au Kibubu. Tu vas voir, c'est vraiment cool, on se marre comme des cons.
- Bah j'vais y réfléchir …

C'est là qu'un autre mec intervient :
- Faut pas l'écouter, le Kibubu c'est des branleurs, chez eux y a que la troisième mi-temps qui compte. Viens à Boitsfort, c'est autre chose …
- Ah bon ? Mais je connais même pas les règles …
- Si tu vas au Kibibu tu vas pas jouer au rugby, c'est tout.
- (le premier gars) : T'es chiant … Vous faites toujours les malins à Boitsfort.
- Peut-être, mais on gagne.
- Bon, les gars … Je vais vous laisser décider qui a la plus grosse, hein.

C'était plutôt chouette de voir ces deux types se disputer un bon candidat pour renforcer leur équipe. Du coup, la semaine suivante, je me pointe un soir au club de rugby le plus proche de chez moi. J'ai pas encore adressé la parole à qui que ce soit qu'un espèce d'énorme latino me tombe dessus et me fait le hug de la mort en hurlant : « Ouais les gars, on a un nouveau pilieeeeer ! » Deux heures plus tard, je suis lessivé, à genoux, déchiqueté, et bordel qu'est-ce que ça fait du bien.

Sauf que j'ai loosé grave. Après trois ou quatre entraînements, parce que j'étais fauché pour payer la licence, parce que je m'étais blessé au badminton, parce que ça prenait trop de temps, parce que parce que parce que – j'ai arrêté. Loosé grave.

J'y retourne ce soir. Je suis excité.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

LA SUI-TE
LA SUI-TE
LA SUI-TE
OUAAAAAIIIS !!!!!



E.

Das Essen des Bärs