18.7.07

Changeeeez!

Manque plus que la Cardinale!Ca fait quelques semaines que je ne décolle plus de Becoming a Man (Half a Life Story) de Paul Monette. Trouvé parmi les bouquins d'Arnaud, un soir où je fouillais sa bibliothèque à la recherche de l'une ou l'autre scène de cul bien torchée (à titre d'information, la scène de fesses ultime est aux environs de la page 388 de la version française de poche de Glamorama, la brique chic et choc de Brett Easton Ellis). En tournant les pages, j'ai dû tomber sur un dick, un fuck ou encore un innocent suck, l'affaire était conclue, le Monette dans ma poche. Parfois je suis cheap; parfois, je suis cheap, aussi.

Que nous dit donc ce bougre de Paul Monette? Eh bien, il pleurniche. Il s'en défend, mais il pleurniche. Et j'adore ça, forcément. Sauf qu'il pleurniche avec classe. Il y a s'apitoyer sur son sort, mais aussi s'apitoyer sur son sort en faisant Yale, Oxford, en descendant sur la Côte d'Azur à l'arrière d'une Triumph décapotable conduite par deux clônes de Claudia Cardinale, c'est tout de suite tellement plus chic.

Paupaul est pédé, mais dans l'Amérique bien-pensante de l'époque, il ne peut pas s'assumer et vit tout ça très mal. Il se paluche avec son pote Kite, et sa maman les surprend, et ça le castre pour des années. Il suçotte Richie, mais un jour Richie le traite d'homo, et c'est pas facile. Il donne cours à Greg, qui un soir sort son poireau, et Paupaul s'exécute, mais vraiment oh noooon il ne voulait pas mais c'est plus fort que lui quoi. Paupaul a plein de bonnes copines, qui sont toutes folles de lui, mais Paupaul n'est pas intéressé par les choses du sexe. Paupaul voudrait tellement être bien dans sa peau, pouvoir crier au monde que le fanfaron hypersociable qui fait rire tout le monde et parle tellement bien, ce n'est pas vraiment lui, parce que lui, il est malheureuuuuux! Mais il ne dit à personne, oh personne, qu'il trique à la vue d'un mollet poilu. Il devient décorateur d'intérieur avec sa meilleure amie, activité qui fera office d'ersatz de coming-out.

Ah ça oui il veut changer. Je suis un peu comme Paupaul, sans la décapotable rouge. A la fin du livre (mais je n'en suis pas encore là), Paupaul est quelqu'un de bien (enfin je suppose, parce que s'il pleurniche - avec style - sur 300 pages pour rien, c'est dommage).

Moi aussi je vais devenir quelqu'un de bien. D'ailleurs j'ai commencé un blog. A la fin, je changerai son titre: "Becoming a Crevette: Half a Diet Story".

---

Ca n'a strictement rien à voir, mais j'ai revu récemment et par hasard deux garçons qui m'avaient occupé le temps d'une nuit et de quelques songes: lui et lui. Vraiment, j'ai été frappé de voir à quel point le brouillard du souvenir pouvait enjoliver la réalité. Sans vouloir être méchant, bien sûr.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Aaaaahhh, j'ai attendu longtemps, mais ca en valait la peine, tu n'as pas perdu ta verve (hum hum) légendaire!!! :-D
Eva.

Das Essen des Bärs