Si je compte bien, ça fait maintenant un peu plus de six mois que j'ai commencé le rugby «pour du vrai». J'ai joué six matchs, ce qui ne paraît pas énorme a priori, mais avec la météo belge, cette capricieuse, le calendrier de la compétition a été complètement chamboulé, ce qui fait que, cette saison, l'essentiel des rencontres se déroule en février et en mars. Du coup, depuis un mois et demi, je ne fais plus que ça, ou à peu près. Mardi: entraînement*. Vendredi: entraînement. Dimanche: match!
Pas mal, pour quelqu'un qui qui détestait le sport il n'y a pas si longtemps, et méprisait en particulier les sports de ballon...
En tout cas, ça va mieux. Certains problèmes persistent: je suis toujours aussi mauvais pour me placer sur le terrain dans le feu de l'action, je ne cours quand même pas encore très vite, et rien à faire, dès que je m'approche à moins de 200 m du terrain, mes intestins commencent à me jouer des tours, les chenapans. Ces petits soucis mis à part, je commence à devenir une vraie brute, et ça, c'est bien. C'est pas tout d'avoir des cuisses comme des troncs d'arbre, il faut aussi savoir, et surtout oser s'en servir.
Le déclic est arrivé dimanche dernier, à Boitsfort. Ce club est champion de Belgique non-stop depuis la préhistoire, certes... mais se manger 72 points dans les dents et ne pas en mettre un seul, c'est violent. Constat: 1) on n'était pas une équipe, mais 15 gugusses sur un terrain; 2) rôôôh exagéré comme j'étais mauvais. Du coup, mardi à l'entraînement, j'ai laissé tomber les minauderies, oublié la politesse. Crampons bien arrimés dans l'herbe, genoux fléchis, ventre gainé, dos droit, regard loin devant... détente explosive, impact dans le «gros» d'en face, qui vole. Cooool. Real cool.
J'étais en confiance, j'ai répété toute la semaine aux gars qu'on avait perdu le match précédent parce qu'on n'était pas une équipe et qu'on devait se souder et y croire... Et hier, magnifique journée, magnifique ambiance, magnifique victoire. On n'a pas gagné grâce à moi, bien sûr, mais je sais qu'hier, pour la première fois peut-être, en laissant mes peurs et mes complexes au vestiaire, j'ai contribué à la construction du score.
Dommage pour mon annulaire quand même. Il est gros comme un œuf et vaguement bleuâtre. Prochaine étape: apprendre à rattraper correctement le ballon...
* .... ou concert à gauche ou à droite, pour être tout à fait honnête.
P.S.: Mais non, c'est pas mon doigt. Et c'est un trucage, de toutes façons.

1 commentaire:
Aaahhh... ca faisait lgtps!!
Et - oui oui j'avoue - j'ai bien cru l'espace d'un instant qu'il s'agissait de ton doigt...
E.
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