24.2.08

Kawamura

Comment peux-tu voir les choses clairement si ton point de vue change toujours? Tu es assis sur la branche, tout en haut de l'arbre et le vent souffle, il joue avec tes cheveux, il caresse tes oreilles, et devant toi tout vibre, tout est flou. Le vent souffle, la branche bouge, tout est flou.

Nous menons une vie normale.

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Il est tard et j'écoute Schubert. J'ai les yeux qui bâillent, l'horloge moissonne les secondes, le chat a fusionné avec la couverture. Bientôt je l'imiterai.

Je vis dans un monde de désirs et d'envies. Un monde peuplé d'il faut, de je vais, de demain je, un univers étriqué dont le principal protagoniste procrastine à tout crin. C'est une vieille histoire -- comme il se doit nombriliste à souhait. Tout un convoi de promesses non tenues, de défis sans lendemain, d'objectifs contrariés, de déceptions de soi et d'autrui.... des illusions d'hier devenues désillusions d'aujourd'hui.

Quand j'ouvre un roman, ce n'est pas qu'un écrit qui se livre à moi. Je me donne aussi tout entier aux mots, vulnérable, éviscéré: chaque lettre s'imprime dans mes entrailles comme autant de minuscules poignards. L'histoire me transperce, elle s'immerge en moi, et chaque page me change, m'étripe. La littérature est un combat.

Dans Kafka sur le rivage, un vieillard fait pleuvoir les sangsues; une bibliothécaire traverse les portes; un adolescent se lève à six heures, fait cent pompes, cent abdos, dévore l'oeuvre de Seiko; un chat se fait dévorer le coeur. Je suis exsangue, ma tête est un brouillard frissonnant. Demain sera-t-il un autre jour?

Cause I'm a fool
A fool for you
I seem to want
Everything that you do
I don't know
I procrastinate
Cause I hate those days
That about me
It's never sure
It's never pure
It always hurts
So climb out

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Das Essen des Bärs